La veille, fin de journée, nous avons décidé de filer en direction de Chamrousse, destination que tout Grenoblois connaît normalement au moins de nom. Située à 45 minutes de Grenoble, ça en fait la station la plus proche de la ville. Si vous n’avez pas de voiture, il est également possible et très facile d’y aller en autocar.
Arrivés tard, nous n’avons pas vu grand chose d’autre que le manteau blanc qui recouvrait la route sillonnant la montagne, éclairé par nos phares. Nous étions pourtant prêts à accueillir la surprise que le matin nous réservait, en dévoilant toute la beauté des lieux.
L’Etincelle, cocon au pied de la station
Le matin venu, attirés par l’odeur du café fraîchement infusé, nous nous décidons à nous lever. Au moment de la réservation, le choix nous était offert de prendre ou non l’option petit-déjeuner servi directement dans le lodge, arrangé par notre hôtesse. Nous avons opté pour cette option, mais sachez que si vous voulez vous occuper vous-même d’aller acheter votre pain, vos croissants ou autres mets que vous avez l’habitude de manger le matin, tout le nécessaire se trouve à quelques minutes à pied en amont, direction la station.
Nous logeons dans la partie « côté forêt » du gîte, divisé en deux espaces distincts. L’autre partie, appelée « côté lac », offre une vue sur le lac de la Grenouillère, au pied de la station. Et en cas de doute, les mugs sont là pour rappeler de quel côté vous vous trouvez.
Installé sur la gigantesque table au centre de la pièce de vie, le petit déjeuner est fourni, varié et appétissant. Au menu : un panier rempli de viennoiseries, du pain, de la confiture de myrtille de chez l’Alpain (la boulangerie-pâtisserie voisine), du fromage blanc, du muesli… Et thé et café en libre service pour se réchauffer les mains, bien entendu.
Pour les groupes nombreux, Isabelle propose plutôt un buffet. On y retrouve la même proposition qu’aujourd’hui, à laquelle elle ajoute des planches de fromages et de charcuterie de l’épicerie fine Au faim gourmet, ainsi que des fruits.
Pour notre hôte, collaborer avec les commerces de Chamrousse est essentiel. Quoi de mieux, lors d’un city-break, que de se couper complètement du monde extérieur et de savourer les produits locaux proposés par la station et ses artisans ? Et l’attention ne s’arrête pas à la gastronomie : chaque voyageur est également accueilli avec un savon de Chamrousse, saponifié ici, à la boutique-savonnerie Doux voyage. Si le coeur vous en dit, vous pouvez d’ailleurs y passer.
Redonner vie à un lieu abandonné
Avant de partir explorer les environs pour la journée, on profite d’avoir Isabelle avec nous pour lui poser des questions sur son lodge. Comment se lance-t-on dans une telle aventure ? Isabelle et son mari ont racheté le bâtiment il y a de ça 13 ans. Il a d’abord servi de dortoir pendant près de 50 ans avant d’être laissé à l’abandon au début des années 2000. Après l’acquisition, c’est en 2021 qu’Isabelle et son mari ont lancé les travaux de rénovation. Le lieu ayant subi les dégâts du temps et des saisons qui sont parfois rudes à cette altitude, le chantier était important. Aujourd’hui flambant neuf, on a vraiment du mal à croire que ça a été un bâtiment presque en ruine il y a peu.
Notre petit déjeuner avalé, Isabelle nous propose de faire un tour du lodge ensemble afin de nous faire visiter les gîtes.
Dans chacune des deux parties du gîte, il y a de nombreuses chambres, pouvant accueillir une petite quinzaine (14 pour le côté lac et 10 à 12 pour le côté forêt) de personnes. Chaque espace compte entre autres deux chambres avec lit double équipées de leur propre salle de bain, elles-mêmes spacieuses et lumineuses. On s’imagine déjà prendre une douche chaude pour se réchauffer après une longue sortie dans la neige dans une des douches à l’italienne, ou un bain au calme avec vue sur les sapins enneigés.
On passe au gîte d’à côté, le côté lac, en passant par le balcon communiquant. Isabelle nous dit que lorsque les gens louent les deux gîtes ensemble, c’est très pratique. Sinon, elle installe une séparation entre les deux.
On arrive dans le séjour qui lui aussi est immense, avec une table toute aussi grande que celle de son voisin. Comme à côté, il y a une cuisine équipée, un coin salon avec canapés, fauteuils, enceinte connectée et télé pour les soirées d’hiver ou les journées d’été pluvieuses. Là aussi on retrouve de nombreuses chambres, mais ce côté-ci comporte un étage supplémentaire.
On emprunte l’escalier qui monte au deuxième, impressionnés par la splendeur des volumes. En haut, on découvre, comme dans tout chalet de montagne, des lits superposés encastrés pour gagner de l’espace, mais surtout une chambre, souvent réservée aux enfants, avec fenêtre et vue panoramique sur la station (une de nos pièces préférées).
Isabelle Chapuis
En descendant pour rejoindre le rez-de chaussée du lodge, nous parlons rénovation et déco.
Le bâtiment en lui-même date de 1947, ce qui en fait le deuxième plus vieux de tout Chamrousse. Les constructions ont vraiment commencé à partir des années 50. Après avoir été exploité de 1947 aux années 2000, puis avoir été laissé à l’abandon pendant 12 ans, il a fallu tout refaire. La tuyauterie, l’isolation par l’intérieur, la toiture… Redonner vie à cet endroit n’a pas été chose facile.
Tous les travaux de rénovation ont été faits par des artisans du coin et se sont étalés sur six à huit mois. Pour ce qui est des meubles, c’est un mélange de sur-mesure (entre autres pour la menuiserie de salle de bain), de chine et d’héritage familial.
Isabelle Chapuis
Plus tôt, quelques pièces déco avaient su attirer notre regard. Côté forêt, un sublime fauteuil en chrome et cuir qui a été entièrement retapissé nous a tout de suite séduit. Isabelle a aussi fait restaurer certains meubles comme le fauteuil voltaire qu’on trouve en bas et l’a fait re-décorer par une artisane de Chamrousse.
Isabelle a voulu se placer sur le marché des lodges de haut standing. Le sien est isolé du reste de la station, en lisière de forêt, et a donc le luxe d’être au calme. Très agréable à l’intérieur, l’extérieur séduit tout autant les voyageurs. Le gigantesque balcon est une aubaine pour les matinées ensoleillées comme celle-ci et sera parfait pour prendre le soleil avec votre café du matin. Hors saison hivernale, quand les températures sont plus clémentes, il y a assez de tables et de chaises à disposition pour y accueillir de belles soirées. Dans le jardin, on trouve un braséro pour les dîners d’été ou pour se réchauffer en hiver. On y trouve aussi un grand trampoline, dont les enfants raffolent.
Ski, ski de fond, raquettes... L'embarras du choix accessible à pied
Arrivés sur le plateau après une petite marche de cinq minutes depuis la route, on prend tout de suite une claque visuelle. L’étendue du paysage, ces sapins enneigés, et au loin, ce panorama de montagnes imposantes en font un décor de rêve et un terrain de jeu rêvé pour les sportifs.
Ici, skis de fond et raquettes cohabitent : le plateau a une riche proposition de chemins balisés pour les deux disciplines. Avec nos raquettes aux pieds, ce sont 17 km de chemins cumulés, pour tous les niveaux, qui s’offrent à nous. En suivant le plus grand itinéraire, nous pourrions aller jusqu’au Lac Achard, mais d’autres activités nous attendent l’après-midi. Nous nous lançons donc sur le sentier le plus accessible, parfait pour les sorties avec des enfants en bas âge ou des personnes âgées par exemple : la boucle des Clairières.
Comptez environ 1h30 pour la boucle de 3,3 km, plus si vous êtes à la recherche de spots devant lesquels vous émerveiller, car vous vous apprêtez à découvrir l’ambiance des forêts de pins sous la neige et des trous de lumières qui les traversent, dessinant des scènes qui ont dû inspirer plus d’un peintre.
Ce qu’on vous conseille en équipement : une bonne paire de raquettes que vous pourrez louer au Recoin si vous n’en avez pas chez vous, avec une paire de bâtons (pas indispensables si vous restez sur le sentier des Clairières car très plat), de bonnes chaussures de marche montantes et imperméables et des grosses chaussettes de ski.
Si vous êtes familiers du plateau de l’Arselle, vous connaissez sans doute aussi La Salinière, son restaurant en bord de piste. Réputé pour ses délicieuses tartes aux myrtilles et aux noix, c’est une halte incontournable pour le goûter, et l’on peut également y déjeuner. La saison n’ayant pas encore débuté lors de notre passage, nous n’avons pas pu en profiter, mais le cadre enchanteur s’est prêté à un agréable pique-nique. Au menu : un sandwich vegan de la Talemelerie (dont nous parlions récemment dans cet article), garni du savoureux simili poulet de Veggie Deli, accompagné d’un kombucha. Conscients de ce qui nous attendait pour le dîner, nous avons opté pour un déjeuner léger.
Snowga, ancré dans la neige
Nous remballons nos affaires et disons au revoir à ce paysage aux airs de Canada pour nous rediriger vers le lodge, car la suite des nos aventures nous attend. Isabelle nous a proposé de réserver une séance de snowga (contraction de snow et yoga), qui n’est autre que du yoga dans la neige.
Sabrina, professeure de yoga à Chamrousse, propose ces séances depuis plusieurs années, elle est même pionnière de la pratique en France. A la base né d’une envie de continuer à pratiquer pendant le confinement en 2020, le succès de sa proposition a été rapide au sein de la station.
De prime abord, la proposition nous surprend : dans notre imaginaire, le yoga se pratique en intérieur, chez soi ou en studio, habillé en short, jogging ou bien legging, pieds nus ou en chaussettes. Quand on a appris qu’il allait falloir descendre jusqu’au niveau du lac de la Grenouillère en contrebas du lodge pour retrouver le groupe au milieu d’un champ de neige fraîche, cette séance de yoga avait déjà des airs d’aventure.
Mais très vite, Sabrina nous a mis en confiance. Le soleil de haute montagne réchauffe vite, surtout quand il brille de mille feux comme ce jour-là. C’est l’occasion parfaite pour le saluer.
Pendant 45 minutes, nous nous laissons guider par Sabrina, qui déroule avec bienveillance son cours de yoga vinyasa (le style parfait pour se réchauffer). Après la petite marche en raquettes plus tôt, c’est le complément parfait pour finir une journée sous le signe du sport d’hiver en dehors des pistes de ski.
Finir la journée au chaud autour du poêle
Le soleil de décembre se couche très vite et la nuit commence déjà à tomber. Nous avons encore un peu de temps devant nous avant le repas du soir, assez pour allumer l’un des deux énormes poêles à bois présents dans chaque gîte et faire infuser une tisane pour nous réchauffer.
Au menu ce soir : fondue préparée et livrée à domicile par 100% Fondue, prête à l’emploi, avec le caquelon. Le fromage est sourcé dans des coopératives laitières de la région, et ça vaut aussi pour la raclette également proposée à la livraison.
Caquelon allumé, verre de vin blanc servi, fromage fondu : il n’y a plus qu’à déguster et finir cette journée en beauté avant de rejoindre notre lit une dernière fois et de quitter L’Etincelle le lendemain matin.
Isabelle aura su nous faire totalement oublier notre vie citadine pendant ce court city-break. Si vous cherchez un gîte de grande capacité en station, avec un standing haut de gamme, nous vous conseillons fortement de vous tourner vers elle. Mais ne perdez pas trop de temps, le gîte est quasiment plein toute l’année.
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