Escapade en Isère : le Val des Sens à portée de pédale

En partenariat avec ALPES ISHERE
Entre Grenoble et le pays de Saint-Marcellin, une parenthèse s'ouvre. Le train, nos vélos, et quelques kilomètres de chemins agricoles suffisent pour atteindre le Val des Sens, un gîte niché à Chatte où Valérie a transformé une maison en refuge pour qui cherche à souffler vraiment. Un "city break" sans voiture, avec les sens enfin en éveil.

Il est des escapades qui commencent avant même de poser ses affaires. Celle-ci démarre sur le quai de la gare de Grenoble, vélos prêts à embarquer, sacoches bien accrochées, et cette sensation familière, à la fois douce et légèrement électrisante, que l’on ressent quand on décide, enfin, de s’offrir une parenthèse d’air frais. Direction Saint-Marcellin, à une demi-heure de train, puis Chatte, à quelques coups de pédale. Bienvenue dans l’Isère qu’on ne voit pas assez. Celle des villages de caractère et leurs maisons en pisé, des noyeraies à perte de vue, ces vergers de noyers qui font la richesse du Dauphiné, et des paysages dont la beauté n’a pas besoin de se faire remarquer.

Grenoble–Chatte, mode doux activé

La ligne Grenoble–Valence glisse le long de l’Isère avant de s’enfoncer dans une campagne qui prend son temps. Le train avance, les écrans se laissent oublier, on regarde par la fenêtre.
À Saint-Marcellin, on sort les vélos et on s’élance. Une demi-heure sur des petites routes peu fréquentées, à travers les champs et de discrets hameaux aux murs en pisé, à travers les noyeraies. Le pisé, c’est une technique ancestrale : on compresse la terre crue dans des coffrages, et ça donne des murs épais, frais en été, chaleureux en hiver, vivants en toute saison.
Le Vercors, immense, pose sa masse à l’horizon. Nous voilà déjà ailleurs. 

Une arrivée en douceur au Val des Sens en fin de journée. 

Valérie, la propriétaire du gîte, et Anne-Sophie nous accueillent avec la chaleur de vieilles amitiés retrouvées. Le Val des Sens, c’est leur univers : une belle maison (labellisée Gîtes de France) en bout de chemin, entourée de verdure, de champs et de quelques vaches au loin qui font leurs curieuses. A l’intérieur, des chambres soignées aux couleurs douces, du linge bien choisi, et des petits détails qui font toute la différence : une bougie, un livre glissé sur la table de nuit, une vue sur le jardin qui donne envie de ne pas tirer les rideaux. La terrasse ouvre sur le jardin, et le jardin sur le silence. On pose les vélos, on décroche les sacoches, on ôte les baskets. Et presque instinctivement, sans même se consulter, on se dirige vers le jacuzzi. Le grand, sur la terrasse, celui qui invite à s’y prélasser en regardant le jardin. Pour les familles ou les groupes qui séjournent dans la chambre du bas, un jacuzzi privatif plus intimiste attend aussi, rien que pour soi.

L’eau chaude après une balade à vélo : un luxe simple, total. Les bulles font leur travail, les muscles se délient, les pensées flottent, et pour une fois, on les laisse partir.

Pour profiter d’encore plus de détente, Valérie propose ses soins bien-être : massages et réflexologie plantaire, pour revitaliser corps et esprit entre des mains expertes. Le reste de la journée s’écoule comme un long soupir.

À table, l'Isère dans l'assiette

Le soir, on s’installe sur la terrasse autour du barbecue mis à disposition, l’occasion de faire griller quelques produits locaux dénichés dans la journée et de prolonger ce sentiment de vacances simples et vraies. Les saveurs sont franches, ancrées, généreuses. On mange bien, on échange, on rit. Le vin local circule, et la conversation coule toute seule. Les chambres du Val des Sens invitent ensuite à une nuit profonde : draps doux, calme absolu, obscurité totale. Tout est là pour bien dormir.

Un petit déjeuner taillé pour les cyclistes

Le lendemain commence par de gourmandes odeurs. Celle d’un gâteau aux pommes moelleux, préparé façon kouign-amann avec un nappage de beurre caramélisé qui brille et embaume toute la maison, mêlée à celle d’un bon café qui coule tranquillement. Sur la table l’accompagnent du nectar d’abricot et du jus de pommes de la région, des confitures maison, une baguette fraîche tout juste sortie de chez le boulanger. Un petit déjeuner généreux, copieux, largement à la hauteur de la journée à vélo qui s’annonce : des kilomètres sont prévus, il faut partir le ventre plein et l’esprit vif ! 

La Belle Via et les fontaines qui pétrifient

On enfourche les vélos pour une matinée de balade. On commence par de petites routes tranquilles que les voitures ont oubliées, le dénivelé est doux, les paysages généreux. On file à travers les noyeraies et autres champs agricoles, et de temps à autres, le chemin s’ouvre sur de jolis points de vue. Après quelques kilomètres, nous voici sur la Belle Via. 

La Belle Via, c’est l’une des plus belles véloroutes de France : 364 km qui relient la Haute-Savoie à la Drôme en longeant la vallée de l’Isère sur quatre départements. En Isère, elle court sur 123 km, entre plaines cultivées, villages de caractère et silhouettes des massifs alpins. Le Vercors d’un côté, les collines de Chambaran de l’autre, l’Isère qui coule en contrebas : ce corridor de verdure est accessible à tous, avec son dénivelé minimal et son revêtement soigné. Une virée idéale aussi bien pour les familles que pour les cyclistes du dimanche.

Sur le tronçon entre Chatte et La Sône, la véloroute longe les berges de l’Isère et dévoile ses plus belles vues. Le fleuve apparaît, large et lumineux. Au bord de l’eau, le château de la Sône se laisse admirer depuis les berges, fière silhouette de pierre qui rappelle que cette vallée est habitée, et soignée, depuis des siècles.

On longe aussi la promenade des tuffières, ce phénomène géologique discret et fascinant où l’eau, venue du plateau de Chambaran et chargée de calcaire au fil de son voyage souterrain, pétrifie lentement tout ce qu’elle touche : mousses, végétaux, branches se transforment en tuf, cette roche légère et poreuse sculptée par le temps. On l’aperçoit depuis le chemin, et ça suffit à alimenter la curiosité. Pour les plus aventuriers, un détour par Saint-Antoine-l’Abbaye s’impose : ce village médiéval d’une beauté rare, avec son abbatiale gothique et ses ruelles pavées, compose une atmosphère hors du temps qui mérite bien un arrêt, une glace et une photo.

Pique-nique sur les berges : les saveurs d'une région généreuse

Anne-Sophie a préparé le pique-nique. On reste sur les berges de l’Isère qui offrent de jolis points de vue et plusieurs tables aménagées pour l’occasion, un cadre simple et généreux, à la hauteur du moment. L’occasion est parfaite pour parler des saveurs locales, nombreuses et généreuses : les ravioles du Royans, fabriquées artisanalement à quelques kilomètres de là, la pogne de Romans avec sa mie briochée et son parfum de fleur d’oranger qui réveille, les fromages de chez Rochas près de Saint-Marcellin, qui fondent et convainquent. Des adresses que Valérie et Anne-Sophie se feront un plaisir de partager avec vous : demandez-leur, elles connaissent les bons producteurs, les belles tables cachées, les secrets du coin qui ne s’inventent pas.

L'après-midi qu'on aurait voulu faire durer

Le retour au gîte, en fin d’après-midi, ressemble à une arrivée dans un cocon où rien ne manque. Terrasse, hamacs, chaises longues, table de ping-pong, jacuzzi, jeux de société : on choisit son rythme, sa détente. On peut aussi aller rendre visite aux producteurs du coin, rapporter un peu de ce territoire dans ses bagages.

L’heure du départ arrive : on remonte en selle, on traverse une dernière fois ces paysages vallonnés si agréables à parcourir à vélo, puis on rejoint la gare de Saint-Marcellin, porté par cette atmosphère singulière des fins de séjour, quand les jambes pédalent encore mais que l’esprit est déjà entre ici et ailleurs.

Dans le train du retour, on est bien. Le corps a bougé, l’esprit a voyagé, sans pourtant aller bien loin – à peine à une heure de Grenoble.

C’est sans doute là toute la magie de l’Isère à vélo : comprendre que le temps consacré au voyage fait déjà partie de l’aventure. Regarder le paysage défiler, avancer à son propre rythme, prendre le temps de contempler… À vélo, l’ivresse de la liberté se vit encore plus intensément.

Le Val des Sens
145 All. de Meulot, 38160 Chatte
Site Internet 

  • Lydie Roure

    Caméra à la main, j'ai à cœur de mettre en lien le travail d’un créateur et son vécu ; montrer la beauté de l’engagement du corps, du mouvement, du geste.
    Photo Stéphane Guigné.

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