« C’est une histoire d’aventure. C’est construit comme un film », aime rappeler Jerôme Cochet au sujet de sa pièce Mort d’une montagne, programmée à l’Hexagone Meylan les mardi 25 et jeudi 27 novembre. S’il insiste ainsi sur le type de narration et sur le suspens que son coauteur et lui-même ont insufflé dans l’écriture, c’est que l’argument de la pièce pourrait effrayer qui souffre d’éco-anxiété.
De fait, on nous raconte les conséquences humaines qu’entraînent les éboulements réguliers d’une montagne imaginaire (mais très ressemblante, surtout pour nous autres habitué·e·s des massifs). « On suit avant tout la trajectoire d’une cliente qui débarque de Paris et qui veut faire la traversée de cette montagne instable et dangereuse », insiste le dramaturge.
Jerôme Cochet
De l’épopée
Suivre la protagoniste de l’histoire. La voir chercher à convaincre son guide de l’accompagner dans son aventure malgré le danger. De là naît ce fameux suspens. Est-ce qu’il va lui résister ? Est-ce qu’ils vont prendre le risque d’y aller ? Jusqu’où iront-ils ? « C’est de l’aventure pure quasiment ! », s’enthousiasme Jérôme. Ajoutons à cela une bande son et une scénographie qui favorisent l’immersion. Et nous voilà gagné·e·s par le frisson de l’aventure.
…à la réflexion
On peut donc vivre la pièce en se laissant porter par ce souffle-là. Mais on peut aussi entendre cette autre corde vibrer, tout aussi humaine, qui nous parle de dérèglement climatique. Malgré la fiction, les accents de vérité sont là. Et pour cause. Les deux auteurs se sont immergés longuement dans le massif de Belledonne de 2020 à 2021. Ils y ont notamment rencontré gardiens de refuge, alpinistes et directeurs de stations. Mais c’est encore plus tôt que l’idée d’évoquer la fonte du pergélisol dans une fiction est née.
Le bond vers l’imaginaire
« Pendant l’été 2018, il y a eu un gros effondrement sur la Meije, dans le massif des Écrins. Tout un pan de la montagne est tombé sur le glacier Carré. J’étais en vacances et j’ai vu les conséquences dans le massif. Les guides et les gardiens de refuge étaient un peu désemparés », raconte le dramaturge. L’évidence s’impose alors à lui. « Dans ce genre de circonstances, la montagne devient un reflet de l’âme humaine. Il y a une disparition du paysage, des montagnes sillonnées de voies d’escalade qu’on hérite depuis des générations. » De ce type de bouleversement aussi paysager qu’intime peuvent naître les plus grandes histoires en effet.
“Mort d’une montagne”
Théâtre Hexagone Scène Nationale
24 Rue des Aiguinards, Meylan
Les 25 & 27 novembre 2025
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