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Les Tairraz, une famille aux sommets au Musée de l’Ancien Évêché

By 20 février 2024avril 11th, 2024No Comments

Fidèle à sa mission patrimoniale, le Musée de l’Ancien Évêché fait toute la lumière sur une dynastie familiale, quatre générations pour quatre hommes férus de montagne. Parfaitement aguerris à la vie sur « le toit de l’Europe » ils documentèrent leurs exploits à l’assaut du Mont-Blanc tout comme la quotidienneté parfois âpre de la vallée de Chamonix. À travers cette exposition forte de pas moins de 120 clichés qui rivalisent de beauté pure, c’est également l’émergence de l’or blanc qui nous est donné à voir et le destin toujours magnifique, parfois tragique d’une famille aux sommets.

Au cœur du quartier historique de Grenoble, tout près de la place Notre-Dame, le justement nommé Musée de l’Ancien Évêché est installé dans ce qui fut le palais des évêques, à proximité immédiate de l’enceinte romaine de Cularo. Après avoir traversé la petite cour et passé la lourde porte bleue nous pénétrons dans un édifice entièrement voué à l’histoire des Hommes à travers les âges sur notre territoire.

Blanc comme glace

Partons sur les traces de la famille Tairraz. Pour se rendre au dernier étage, on emprunte le grand escalier central et l’on parvient dans le premier des quatres espaces où se déploie l’exposition. Ainsi la scénographie consacre chronologiquement une salle à chaque homme, et permet d’envisager sereinement les évolutions technologiques en matière de photographie, ainsi que les tendances de chaque période. On découvre aussi dans chaque salle les appareils de prise de vue privilégiés par Joseph, Georges I et Georges II, et enfin Pierre Tairraz.

Joseph, le précurseur

Comme beaucoup des hommes de son temps qui peuplaient les montagnes, Joseph, né en 1827, compte autant de métiers qu’une année compte de saisons. Aussi bien cultivateur, aubergiste que guide de haute-montagne, il profite de l’engouement très précoce d’une riche clientèle en quête de conquête des sommets. Plus que simple témoin de l’émergence du tourisme local, il en devient acteur, en immortalisant très tôt cette population avide de souvenirs pittoresques. Il n’oublie pas pour autant ceux qui font l’âme de la vallée, en les capturant avec tendresse à l’œuvre. On se penche avec émotion vers le portrait de ce berger au visage buriné par le soleil, posant avec sa bête.

Georges I, le perfectionniste

S’il reprend bien sûr le studio monté à Chamonix par son père, il va plus loin et propose des mises en situation périlleuses pour appâter et satisfaire le chaland, avide de frissons ! On admire un personnage en équilibre sur une arrête ou enjambant une crevasse et on pense à Georges le photographe en face, à la difficulté d’opérer avec une très lourde chambre photographique. Ceci pour le meilleur, les images qui en ressortent sont superbes de détails et de définition. Georges était d’ailleurs monté pour se former à la capitale. On contemple ici des images aux cadrages impeccables et des noirs et blancs aux nuances de gris éblouissantes.

Georges II, du Leica au cinéma

Alors que l’on pense avec émoi à tous les clichés perdus dans une inondation du studio familial, on apprend avec stupeur que la grande guerre n’épargna en rien la famille Tairraz. Les frères ainés morts au front, c’est Georges deuxième du nom qui reprit le flambeau en abandonnant ses études de médecine. L’accélération de la technologie lui permit d’accéder au si petit 24×36 Leica. D’un format qui tient dans la main, il pèse peu pour gravir les sommets, et permet d’offrir des instants sportifs figés, et d’une grande spontanéité. La passion des cimes le rapprocha aussi des grands noms que sont Roger Frison-Roche et Gaston Rebuffat. Et à quel dessein ! Il réalisa à leurs côtés films et documentaires.

Pierre Tairraz, l’avènement de la couleur

C’est une explosion de couleur qui irradie, à notre entrée dans la dernière salle. Après avoir savouré les contrastes, et aiguisé notre regard sur de profonds noir & blancs, on est surpris de redécouvrir le grand bleu du ciel et les glaces étincelantes. Le travail de Pierre Tairraz est aussi poétique que techniquement irréprochable, et les couchers de soleil prennent tout leur sens en couleurs ! De vrais paysages de cartes postales, au grain vintage, un peu turquoise. La signature de ce dernier est bien connue, au coin de l’image. Un rapide coup d’œil nous replongera dans nos missives de vacances, couchées sur papier glacé, aux bords dentelés.

Ivres de beauté face aux sommets

Les clefs d’entrée sont nombreuses pour s’immerger avec bonheur au sein de la collection Tairraz. Elle ravira les fanas de photographie comme les mordus des cimes. Emplie de témoignages précieux sur le rapport passionné et parfois douloureux de l’homme à la montagne, elle cristallise également la fragilité de cet équilibre, et nous invite à nous interroger sur notre avenir commun au regard du passé.

Il paraît juste de s’attarder sur les nombreuses animations autour de cette exposition – qui se tient d’ailleurs jusqu’au 1er septembre 2024.

De nombreux professionnels vous permettront à tous âges et de diverses façons de (re)découvrir la photo, grâce à des animations gratuites et des ateliers au tout petit prix de 5 euros. Les visites et l’entrée du musée sont aussi gratuites !

Toutes les informations sur :

Musée de l’Ancien Évêché

2 rue Très Cloîtres, 38000 Grenoble

Ouvert tous les jours :

Ouvert de 9h à 18h le lundi, mardi, jeudi, vendredi

Ouvert de 13h à 18h le mercredi

Ouvert de 11h à 18h le samedi et le dimanche

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