Ernest Hébert, grand peintre français originaire de Grenoble, auquel le musée doit son nom, a mené une brillante carrière, marquée notamment par ses onze années à la tête de l’Académie de France à Rome, installée à la Villa Médicis. À ses côtés, son épouse Gabrielle Hébert l’accompagne dans cette aventure romaine. Elle aurait pu se contenter d’y organiser les réceptions, de recevoir le « beau monde », d’être la parfaite maîtresse de maison de l’un des palais les plus prestigieux d’Italie. Elle a choisi, à la place, de tout regarder. Et de tout photographier.
Guidées par Fabienne Pluchard, responsable du musée Hébert, nous voilà plongées dans un parcours photographique qui dévoile les coulisses d’un monde artistique alors réservé aux hommes : la Villa Médicis, où étaient accueillis les artistes lauréats du prix de Rome.
Un matin de 1888, elle saisit un appareil photo à la Villa Médicis — et ne le lâche plus. Portraits, nus, paysages, scènes de vie… Plus de 2000 clichés en onze ans. « Pas un jour ou presque sans prise de vue » — elle le note elle-même dans ses agendas : « Je photo… Je photographie… » À une époque où la Villa Médicis n’accueille que des hommes, cette femme sans statut, sans atelier, sans titre, devient la première chroniqueuse photographique du lieu. Et c’est précisément cette liberté-là — celle de l’ombre — qui lui ouvre toutes les portes.
Aujourd’hui redécouverte et célébrée, son œuvre fait enfin sa juste place dans l’histoire de la photographie. En partenariat avec le musée d’Orsay à Paris, c’est au musée Hébert de La Tronche — qu’elle a elle-même fondé en hommage à son mari — qu’elle est mise à l’honneur, jusqu’au 31 mai 2026.
La boucle est bouclée. Et elle est bouleversante.
Exposition « Gabrielle Hébert — Amour fou à la Villa Médicis », musée Hébert
1, chemin Hébert, 38700 La Tronche
Entrée gratuite, du 7 mars au 31 mai 2026
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