Rosa Bursztein à Saint-Martin-d’Hères : l’humour sans filtre d’une vie en (dés)équilibre

Samedi 25 avril, l’humoriste Rosa Burzstein présentera son nouveau spectacle « Dédoublée » à l’Heure Bleue de Saint-Martin-d’Hères. Dans ce one-woman-show sans filtre, elle dévoile ses failles avec une sincérité désarmante — juste ce qu’il faut pour que chacun s’y reconnaisse et en rie à pleins poumons.

On connaissait Rosa Bursztein pour ses sketchs sur le célibat et les déboires des applications de rencontre, ou encore pour son podcast Les mecs que je veux ken. Aujourd’hui, passée la trentaine, elle a trouvé l’amour — loin des applis — et est devenue mère. A-t-elle pour autant épuisé son inspiration ? Bien au contraire : cette nouvelle vie regorge elle aussi de défis, qu’elle transforme avec brio en matière à rire… et à faire rire.

©️ Victor Gorini

Loin des réseaux, la scène

« Sur les réseaux, on n’a pas du tout la même liberté que sur scène. Le spectacle, au contraire, permet d’aller plus loin, de choquer parfois. Et c’est ça qui est intéressant : provoquer, remuer un peu le public. »

Sur son compte Instagram, Rosa se filme, face caméra, dans son salon, en peignoir, et raconte sans s’épargner les déboires de son post-partum, ou de son couple à l’épreuve de la parentalité. « C’est très dur de ne pas se prendre la tête avec son mec à 5h du mat’, mais regardez ce que je viens de trouver ? » dit-elle en filmant une peau de banane laissée sur le comptoir par son compagnon. « On a mis les économies de notre vie dans et appart, c’est pas pour avoir des peaux de banane en décoration ! »

Si « aujourd’hui, le stand-up repose beaucoup sur l’autodérision », nous confie Rosa, il ne faut pas se méprendre : ce que vous apercevez sur les réseaux n’est qu’une version lissée, « moins polémique » des sujets abordés sur scène. « En ligne, on est plus proche du quotidien. Le public a besoin de s’identifier, mais cela a ses limites, notamment à cause des algorithmes et de certaines formes de censure. On n’a pas du tout la même liberté que sur scène. Le spectacle, au contraire, permet d’aller plus loin, de choquer parfois. Et c’est ça qui est intéressant : provoquer, remuer un peu le public. »

En 2026, pour se faire connaître, il faut en passer par les réseaux… Quitte à en faire un deuxième métier. « J’aimerais pouvoir m’en passer et me consacrer uniquement à l’écriture. Mais le public a une mémoire très courte. Avant, on pouvait construire sa notoriété sur la durée, à la radio ou à la télévision. » Cela permet certes à chacun de trouver une audience. Avec un revers : « Il faut rappeler au public presque quotidiennement qu’on existe ».

Briser les représentations idéalisées

Si le contenu en ligne de Rosa n’a rien d’aussi cru et politisé que ce qu’on pourra retrouver sur scène, un fil demeure : le récit et la mise en scène de ses imperfections. « Sur les réseaux sociaux, on voit beaucoup de vies idéalisées. Moi, j’ai envie de raconter mes contradictions, mes ratés, mes zones d’ombre, et là où c’est compliqué d’être une « bonne » féministe. »

©️ Élise AUGUSTYNEN
©️ Victor Gorini

Dans le couple, par exemple : l’humoriste a trouvé le fameux amour dont elle rêvait dans son précédent spectacle, mais elle n’est pas au bout de ses déconvenues. « J’avais des exigences, mais je n’étais pas forcément déconstruite moi-même. » Notamment ses représentations très clichées autour de la virilité : un homme doit être grand, musclé, fort. « Je voulais un mec qui mange beaucoup, parce que pour moi, c’était ça, la virilité : le mec qui finit la pizza entière avant moi. Bon… ce n’est pas du tout mon copain. Lui mange peu. »

Pour qui veut rire de ses failles et tordre le cou aux filtres Instagram, s’attaquer aux contradictions qui nous traversent est d’une efficacité redoutable.

Faire communauté, par le rire

« Raconter tout ça, ça permet aussi de relâcher la pression. On n’est pas obligés d’être les bons élèves de la vie en permanence. » L’occasion de parler de sujets peu abordés, encore moins sous l’angle humoristique. « Pendant longtemps, la parole dans l’humour était majoritairement masculine. Puis les femmes ont commencé à prendre plus de place, mais certains sujets restaient tabous. Je pense par exemple aux fausses couches : on n’en parlait pas, les femmes vivaient ça dans le silence. L’idée, c’est de rendre ces sujets plus accessibles, de mettre des mots dessus. »

Aborder avec humour des thèmes qui, a priori, ne s’y prêtent pas permet de lever les tabous, de briser les silences et de créer du lien, en rassemblant autour du rire. Si vous connaissez la Rosa d’Instagram, venez donc découvrir la Rosa en scène. L’audace monte d’un ton. 

« Dédoublée », de Rosa Bursztein
Le 25 avril, à 20h, à l’Heure Bleue, Saint-Martin-d’Hères
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