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CULTURE

Visite gantée et dessinée au Musée Dauphinois

By 7 juillet 2022juillet 21st, 2022One Comment

Depuis plusieurs semaines déjà et jusqu’à mars 2023, on trouve des gants au Musée Dauphinois, des gants ainsi que plein d’objets qui s’y rapportent. Le musée grenoblois accueille en effet l’exposition « Fait Main – Quand Grenoble gantait le monde ». L’occasion d’une visite dessinée !

On apprend, au cours de l’exposition, un certain nombre de choses étonnantes :

– qu’il y eut à plusieurs reprises dans l’histoire des « affaires de gants empoisonnés » ;

– qu’il existe un « calendrier du gant », conçu par la Comtesse de Tramar, précisant les types de gants à porter selon les circonstances mondaines (sortie à l’Opéra Garnier ou à l’hippodrome de Longchamp, par exemple) ;

– que furent couronnées à Grenoble plusieurs « Reines du gant », diadème orné d’edelweiss à l’appui ;

– que l’on peut trouver aux Etats-Unis une ville appelée « Gloversville » (littéralement « la ville des gantiers ») ;

– que nombre de rues grenobloises furent baptisées d’après les villes d’expédition des gants, alors fabriqués dans les usines du quartier : rue de Londres, de New-York, de Paris, de Boston…

On croise même, au détour d’un écran, Rose et Jack à bord du Titanic.

Dans l’une des pièces, à l’étage, une grande commode aux larges tiroirs dissimule de superbes pièces. Il y a là des gants de poupée et des gants de bal, des gants très courts et des gants étonnamment longs, des gants à pois et à d’autres à franges.

Ailleurs, un écran diffuse des extraits du film « La main du gantier » montrant des gantiers au travail. L’un d’eux a l’accent un peu traînant qui le fait parler de « guéants ». Un autre explique, tout en faisant virevolter sur sa pièce de cuir rose une immense paire de ciseaux, qu’il faut toujours commencer par fabriquer le gant droit – c’est comme ça.

Deux messieurs âgés sont absorbés par les vidéos et lâchent, entre deux coups de ciseaux à l’écran, des commentaires un peu ébahis.

En ayant de la chance, il est même possible de croiser Camille de Waure. Camille de Waure est un gantier grenoblois, aujourd’hui retraité, qui :

– aime ponctuer ses souvenirs d’expressions idiomatiques à l’origine mystérieuse (« Quand on débauchait la journée parce qu’il manquait de cuir et qu’on allait chez le concurrent, on « faisait Voreppe ». Je ne sais pas pourquoi on disait ça... ») ;

– sait reconnaître à la simple vue de mains au travail le coupeur à qui elles appartiennent ;

– répète à plusieurs reprises que « Le métier de gantier, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ».

Quand il n’est pas là pour partager ses souvenirs, Camille de Waure est un peu là quand même puisqu’il figure sur l’une des nombreuses photographies d’archive de l’exposition. La photo est en noir et blanc, Camille est alors âgé d’une quinzaine d’année. Il est aux côtés de son père, lui-même gantier d’origine italienne.

Il y aurait de cette exposition bien d’autres choses à croquer : les modèles de soirée aux plumes folles, les élégantes affiches de René Gruau, les splendides boîtes de transport mais aussi des bustes, des cartes, des poires à talc – et même des boules à facettes.

A la sortie, un petit garçon demande avec incertitude à sa maman : « Pour être sûr… alors on était tous obligés de porter des gants avant ? »

Commentaires

  • Noémie dit :

    Merci Alice pour ce beau carnet de voyage dessiné ! J’ai adoré ! étant déjà allé voir cette exposition ça m’a ramené là bas et c’était très agréable. J’ai adoré la muséographie de cette exposition !

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