Récit d'un parcours atypique, de l'ombre...
« J’ai été un petit garçon heureux, entre une mère adorée et une tante magicienne. J’ai été un adolescent bagarreur et un militaire obéissant. J’ai été un boxeur professionnel qui, un jour, a cogné trop fort. J’ai été un prisonnier, reclus à l’isolement durant deux ans. J’ai été un père privé de ses enfants… »
Ces mots, ce sont ceux de Redwane Rajel, un homme dont la vie bascule, direction la prison. Isolement, doute, déchéance, ressassement, remise en question de soi… Jusqu’à la rencontre décisive avec Olivier Py, dramaturge et alors directeur du Festival d’Avignon. Un moment qui révèle en lui une passion : « il y a eu le théâtre, et tout a changé. »
D’atelier en atelier, avec Olivier Py et Enzo Verdet, une envie grandit désormais : raconter son parcours, transmettre son histoire. Petit à petit, ses mots disent la possibilité de la résilience, de la sublimation des épreuves de vie par le pouvoir du théâtre. Et si nos moments sombres, nos tourments, pouvaient donner matière à de l’art ?
...A la lumière de la scène
Avec Redwane Rajel, on parcourt les couloirs de la prison, la vie en cellule de 9 mètres carré, jusqu’à son jugement, et l’instant décisif qui le mènera aux planches. Accompagné par Enzo Verdet à la mise en scène dans ce seul-en-scène autobiographique et poignant, l’acteur donne la pleine mesure de son talent multi-facettes. Tantôt frontal, tantôt introspectif, il habite le plateau de sa présence charismatique.
La mise en scène est sobre et incisive : un lit, un banc, des miroirs pour démultiplier les possibles, là où l’enfermement semblait le destin tout tracé. Rien de voyeur ou d’exhibitionniste ici : chaque choix est au service du propos.
Conseillé à partir de 11 ans, le spectacle pourra tout autant toucher les adultes que les adolescent·es, tant il aborde des thématiques comme la capacité de réinvention et la puissance de l’art pour incarner son incandescence. Cette trajectoire forte trouvera une résonance universelle en chacun·e d’entre nous : profondément humaine, elle nous renvoie à nos faux-pas, au poids des rencontres et au libre-arbitre qui façonnent nos destinées.
Et la Faïencerie à la Tronche est un écrin idéal, à taille humaine, propice à accueillir ce solo sans concessions, ce récit intime en plein cœur.
A l’ombre du réverbère, à La Faïencerie de La Tronche
74 Grande rue, La Tronche
Vendredi 6 novembre à 20h – Durée : 1h25
Tarifs de 8 à 16 euros
Infos et réservation