Faire troupeau, ou l’art de résister ensemble

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Et si, face aux crises, le collectif était plus solidaire qu’on ne le croit ? Dans Faire troupeau, à l’Hexagone Scène Nationale, mardi 10 et jeudi 12 novembre, Marion Thomas mêle enquête documentaire et humour pour célébrer l’intelligence du groupe.

« L’Homme est un loup pour l’Homme. » Cet adage misanthrope, Faire troupeau entend le contester et redonner confiance dans la force du collectif. Pour Marion Thomas, la métaphore du mouton mérite d’être réhabilitée : loin d’incarner la docilité, le troupeau sait faire preuve de solidarité et d’intelligence collective. À l’Hexagone Scène Nationale, à Meylan, les mardi 10 et jeudi 12 novembre à 20 h, la metteuse en scène et comédienne de la compagnie Frag mêle conférence joyeuse, humour et théâtre documentaire. Nous l’avons rencontrée pour en savoir plus.

Le point de départ

©Maxime Devige

« Face aux discours qui méprisent “les gens” et leur supposent de l’indifférence ou de l’inaction, j’ai voulu m’intéresser à l’intelligence collective et à ces liens faibles qui nous relient au quotidien, jusque dans la rue ou à la boulangerie. », commence Marion, dont la confiance dans la nature humaine est contagieuse. Elle s’est tournée vers la sociologie pour étudier les vrais comportements des gens confrontés aux catastrophes. « J’ai découvert que ce qui prédomine pendant les catastrophes, c’est la coopération et qu’en fait, tout ce qu’on voit dans les films avec des gens qui paniquent, qui hurlent ou qui profitent d’un tremblement de terre pour aller piquer une télé HD, en fait, c’est une fausse représentation ! » Ce qui donne lieu, à un moment de la pièce, à l’intrusion d’un Bruce Willis survolté près à sauver le monde une énième fois. « J’aime bien parler de sujets sérieux avec beaucoup de légèreté. », sourit la comédienne.

©Maxime Devige
©Maxime Devige

Une transhumance à vivre

Pour nourrir le spectacle, Marion Thomas s’est intéressée au séisme qui a frappé l’Alaska en 1964, puis à l’ouragan Katrina, à La Nouvelle-Orléans. « Je suis allée sur les groupes Facebook des survivant·e·s pour récolter des témoignages de première main », raconte-t-elle. Une matière qu’elle organise sur scène sous la forme d’une chronologie, en cherchant à rester au plus près des faits. Son autre terrain d’étude, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont les moutons. 

« J'aime bien parler de sujets sérieux avec beaucoup de légèreté. »

sourit la metteuse en scène et comédienne Marion Thomas.

©Maxime Devige

Après avoir rencontré des éleveurs et des bergers en Suisse, elle découvre que leur tendance à se suivre, souvent moquée, est en réalité une stratégie de survie efficace. Les moutons sont des animaux sociaux, capables de communiquer et de prendre des décisions sans véritable meneur. « Mon idée, c’était d’utiliser cette métaphore du troupeau pour faire ressentir aux gens ce que c’est d’être immergé dans un groupe bienveillant. » Dans la salle, la réflexion devient ainsi une expérience collective : le public est invité à faire troupeau.

Faire troupeau, à l’Hexagone Scène nationale
Mardi 10 et jeudi 12 novembre
24 Rue des Aiguinards, Meylan
04 76 90 00 45 
Site Internet | Réservations

  • En tant que journaliste et biographe, j’aime entendre et raconter toutes les histoires. En particulier celles qui concernent les habitants de ma ville d’adoption. Vous en trouverez quelques-unes ici.

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