À la recherche des horloges iconiques de Grenoble

Vestiges du passé, d'une époque où on ne pouvait s'en passer, les horloges publiques - qu'elles soient sur des façades d'églises ou bien d'immeubles - ont pour point commun qu'on ne les regarde plus assez. Le temps de ces quelques lignes, redonnons vie à ces bijoux d'un autre temps.

En ville, on a tendance à marcher avec des œillères. Pressés, perdus dans nos pensées ou encore sur nos téléphones, prendre le temps de chercher et regarder des détails architecturaux est presque devenu un luxe. Appareil photo en main et les yeux grand ouverts, nous vous emmenons en balade à la recherche des horloges qui décorent les murs de notre ville depuis plusieurs centaines d’années.

Ces marqueurs du temps qui passe

cathédrale notre dame et son horloge à grenoble
cathédrale notre dame et son horloge à grenoble

Commençons cette promenade par un des édifices majeurs de chez nous, la cathédrale Notre-Dame. Surplombant l’arche principale, perchée à une dizaine de mètres, on peut la voir de loin avec son cadran noir et ses aiguilles dorées qui tournent depuis plusieurs siècles.

Lorsqu’on s’en approche, elle est en si bon état apparent qu’on pourrait la croire installée depuis quelques années. Si c’est aussi ce que vous pensez, vous êtes loin du compte. Installée en 1750, elle a dépassé le quart de millénaire et continue de donner l’heure à tous les passants. Outre son entretien visuel, elle n’a subit qu’une amélioration de son mouvement en 1840. 

Nous poursuivons notre quête et continuons de nous enfoncer dans le centre-ville, le regard vers le haut. A quelques centaines de mètres, nous apercevons au loin l’horloge du lycée Stendhal.

horloge extérieure du collège lycée stendhal à grenoble
horloge extérieure du collège lycée stendhal à grenoble

Accrochée à une hauteur conséquente, elle est visible depuis la rue Raoul Blanchard qui passe juste en-dessous, jusqu’à la place Sainte-Claire. Vu l’importance qui lui est accordée au sein du mur qu’elle décore, nous pourrions penser que c’est une pièce importante, qui sait, peut être classée au patrimoine de la ville. Eh bien non, c’est même presque tout le contraire. S’informer à son sujet est difficile, il n’existe pas d’historique réel facilement accessible à tous, ce qui la rend assez mystérieuse.

Mais attention, le bâtiment abrite bel et bien un trésor, une horloge solaire unique en son genre qui date de 1673 et classée à titre d’objets des monuments historiques en 1920. Nous aurions adoré vous en parler, mais nous n’avons pas pu y accéder le jour de notre reportage… Cela ne nous empêche pas de vous conseiller de vous renseigner à son sujet, voir même d’organiser une visite pour aller la voir de vos propres yeux ! 

On vous conseille tout de même de bien rester jusqu’à la fin du reportage, une autre horloge solaire se cache peut-être un peu plus loin.

horloge vitrail de l'église Saint Louis à Grenoble
horloge vitrail de l'église Saint Louis à Grenoble

Notre prochain arrêt se fait devant l’église Saint-Louis, située dans la rue Félix Poulat, une voie publique très fréquentée depuis laquelle il est difficile de rater l’immense horloge qui la surplombe.

Logée dans un oculus, cette grande ouverture circulaire que vous pouvez voir en photo ci-dessus, vous trouverez une combinaison assez rare d’une horloge et d’un vitrail qui lui sert de cadran. 
Le vitrail a été réalisé par le vitrailliste grenoblois Louis Balmet, célèbre dans le domaine au 20ème siècle. Pour l’admirer sous son meilleur jour, nous vous conseillons d’y venir en première moitié de journée – le vitrail est alors baigné de la lumière du soleil.

horloge solaire méridienne place de gordes à grenoble

Dans l’incapacité de visiter l’horloge solaire du collège et lycée Stendhal, nous nous sommes dit que nous ne voulions pas faire de déçu.es et avons décidé de mettre en avant une horloge similaire, dont très peu de gens soupçonnent l’existence, et ce pour une simple raison : il s’agit d’une méridienne gnomonique, un cadran solaire.

Logée sur une face de l’immeuble qui abritait une partie du parlement du Dauphiné, sur la place de Gordes et un peu tristement entourée de fenêtres condamnées, nous avons là une vraie pièce d’histoire. Vieille de près de 200 ans, elle a voyagé plusieurs fois dans la ville avant de trouver la place qu’elle a aujourd’hui, en passant notamment par la devanture de l’hôtel de ville. 

Haute de 3,5m, elle est pourtant dure à rater. La tige en métal qui la surmonte se nomme le gnomon, et c’est lui qui est en charge d’indiquer le midi solaire à l’aide de l’ombre qu’il projette quand il est frappé par le soleil.  Conçue par Alphonse Blanc, cette méridienne a une sœur qui lui ressemble beaucoup et qui est située sur la place Saint-Léger à Chambéry.

horloge de l'église saint andré à grenoble

Pour fini en beauté, nous nous sommes dirigés vers la place Saint-André, là ou se trouvait anciennement l’horloge la plus vieille de la ville, puis qu’elle a été la première horloge publique de Grenoble, construite et installée au cours du 14ème siècle, peu après la création de l’église en 1228. 

Celle qu’on peut apercevoir aujourd’hui n’est pas celle d’origine. Elle date de la moitié du 19ème, mais elle n’en reste pas moins un monument iconique. Le cadran en pierre a été sculpté par Victor Sappey, sculpteur émérite de chez nous, à qui on doit des édifices iconiques telles que la Fontaine du serpent et du lion en bas de la Bastille. Fait aussi intéressant, les aiguilles de l’horloge représentent deux dauphins en bronze, et sont fixées par le blason de la ville (plus de détails sur la photo de couverture de l’article).

Nous espérons que ce tour d’horizon vous aura donné l’envie de parcourir la ville, le regard rivé sur les hauteurs. 

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