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CENTRE VILLECULTUREMUSEES GRENOBLOIS

UN MUSÉE, UNE GRENOBLOISE : DERRIÈRE LES PORTES DES MUSÉES CONFINÉS

By 24 novembre 2020juillet 1st, 2021No Comments

En ce moment si particulier de notre époque, ce moment où une multitude de choses nous manquent, il nous semblait important d’évoquer ces lieux de culture dont les portes sont temporairement closes et qui pourtant ne cessent d’œuvrer dans l’ombre, toute l’année, pour nous garantir un libre accès à cette culture dont nous avons tant besoin.

musée Résistance GrenoblePendant un mois, nous allons ainsi vous présenter 4 musées du Département qui nous ont exceptionnellement ouvert leurs portes, mis en récit par 4 Grenobloises qui ont tissé un lien particulier avec ces lieux. 

Le Musée de la Résistance et la Déportation vue par Elise Cuenot-Hodister

Aujourd’hui, Elise nous guidera dans les salles du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère et notamment au fil de l’exposition Femmes des années 40. 

Abrité dans une ancienne maison bourgeoise, le musée de la Résistance est créé en 1960 et se veut lieu de transmission et de mémoire sur la Seconde Guerre mondiale, vue par le biais du prisme local. 

Un musée qui retrace les temps forts de cette période si sombre de l’histoire au travers des personnalités iséroises qui l’ont marqué. Un parcours émouvant et une immersion dans l’une des 5 villes de France compagnons de la Libération, tant l’on sait que Grenoble et le mouvement de la résistance ont joué ici un rôle incisif.  

Pour nous guider dans ce musée niché en plein cœur de Grenoble, nous avons choisi de vous présenter Elise, guide conférencière à l’Office du Tourisme, mais aussi, et surtout, notre rédactrice culture depuis plus de huit ans. 

C’est elle qui nous partage, au gré des saisons, les meilleures expositions temporaires, les lieux patrimoniaux insolites et secrets, les histoires de ces pavés que l’on foule au quotidien, tout en méconnaissant l’histoire. 

C’est son récit du musée et de ces femmes qui ont jalonné cette partie de notre histoire, qu’elle évoque aujourd’hui. Des mots empreints de passion et d’admiration, un récit poignant porté par la volonté de la directrice du musée, Alice Buffet, d’offrir un éclairage nouveau et un juste questionnement sur le sujet des femmes.

Le musée raconté par Elise

Quel est ton rapport au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère ?

J’ai la chance de mener des visites guidées dans ce musée. Le travail de mémoire me semble très important et je suis très fière de pouvoir transmettre les valeurs pour lesquelles se sont battus les Résistants et Résistantes en partageant leurs histoires.

Ton point de vue sur l’expo Femme des années 40 ?

C’est une exposition rare : les recherches sur les femmes de cette période ne sont pas encore très développées. Il est donc précieux d’avoir une exposition comme celle-ci dans une institution telle que le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère.

Je trouve très intéressant d’avoir une mise en lumière de résistantes dont on ne voit quasiment jamais le nom et, en parallèle, une réflexion sur la place des femmes dans l’après-guerre.

Quelles sont les personnalités qui t’ont le plus touchée ?

J’ai un attachement particulier envers Marguerite Gonnet, cheffe résistante et femme de caractère prête à tout pour défendre ses idéaux. Mère de neuf enfants, elle mènera, sous le pseudonyme de « La Cousine », la section iséroise du mouvement de la résistance Libération-Sud.

J’aime beaucoup Anne-Marie Mingat, résistante protéiforme qui a fabriqué de faux-papiers, caché des enfants juifs, effectué des liaisons vers les maquis, en résumé, un courage sans borne au service des autres et de la liberté.

Quel événement t’a le plus marquée ?

L’importance du « Plan Montagnard » : une stratégie autour du massif du Vercors essentielle dans le bon déroulement du Débarquement en juin 1944, imaginée par Jean Prévost, un poète spécialiste de Stendhal, et Pierre Dalloz, architecte passionné de montagnes.

Le Plan fonctionne parfaitement, trop finalement puisque les Allemands lancent contre le maquis du Vercors la plus grande opération menée en Europe contre un maquis. C’est un massacre, mais la diversion a été efficace puisque le Débarquement du 15 août en Provence se déroule sans encombre.

Pourquoi venir visiter ce musée ?

Parce qu’au-delà de l’héroïsme des Résistants, c’est toute la vie des Grenoblois pendant la Seconde Guerre Mondiale qui est racontée. Du rationnement à la déportation, la difficulté de ces années noires est évoquée par des objets insolites et des témoignages touchants.

Plus qu’un devoir de mémoire, c’est une réflexion sur le monde qui est proposé dans ce musée et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles je trouve le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère si important.

Pour aller plus loin…

Des personnalités aux vies hors du commun. Des résistantes, des pionnières, des collabos, des déportées mais aussi toutes ces femmes, sans histoire, ces femmes dans l’ombre de l’Histoire.

Pour aller plus loin et en savoir plus sur les parcours de ces femmes incroyables, vous pourrez retrouver une collection dédiée à ces personnalités, comme par exemple l’ouvrage Marguerite Gonnet, Déterminée à sortir de l’ombre.

Mais surtout, que ce soit en famille ou pour votre culture personnelle, n’hésitez pas à pousser la porte de ce musée dès sa réouverture que nous espérons prochaine, musée dont la portée historique, sociétale et mémorielle nous invite au questionnement et affûte notre approche de ce présent, parfois bien énigmatique.

Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère
14 Rue Hébert
38000 Grenoble
Tel. 04 76 42 38 53
Entrée gratuite
Retrouvez tous les musées du département ici : musees.isere.fr

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