
Nous souhaitions mettre en lumière, dans cette série, l’œuvre de femmes artistes. Ce quatrième épisode rend hommage à Victoria Dubourg, l’une des peintres les plus intéressantes de la fin du 19e siècle. « Femme de » éclipsée par son célèbre époux Henri Fantin-Latour, elle a pourtant eu une carrière brillante, aujourd’hui oubliée malgré ses succès indiscutables.
Une jeune femme de talent
La vie de Victoria Dubourg est un véritable roman : fille d’un professeur de français, elle grandit à Francfort où elle reçoit une éducation artistique complète. Elle excelle, notamment en dessin, et lors de son retour en France, elle rejoint l’atelier de Fanny Féron, artiste femme.
Elle obtient sa carte de copiste au Louvre et c’est là qu’elle rencontre son futur mari, Henri Fantin-Latour, en 1869, devant Le Mariage de Sainte-Catherine du Corrège – une vraie scène de film romantique ! Elle devient d’abord son modèle – il la peindra 5 fois – puis ils se marient en 1876 avec pour témoin le peintre Manet.

L’amour de la peinture
Victoria et Henri sont le couple star de la peinture française à ce moment-là, leur cercle d’amis se compose des grands noms de l’époque, d’Edgar Degas à Berthe Morisot. Les deux époux s’admirent mutuellement, s’inspirent l’un et l’autre tout en gardant leur propre style.

Le brillant de la bouilloire en cuivre tranche avec la texture du linge, les légumes créent des diagonales qui rythment la toile. C’est un travail sur l’intimité, l’artiste ne cherche pas à éblouir mais à montrer la beauté du quotidien. Si elle ne rompt pas avec la tradition, on peut apercevoir d’ores et déjà l’impressionnisme qui s’annonce dans sa touche fumée, presque fuyante.
La postérité de l’art
L’œuvre de Victoria Dubourg ne s’arrête pas seulement à la nature morte, même si elle est reconnue pour ses nombreux tableaux de fleurs. Elle réalise également des paysages et des portraits, notamment celui sobre et élégant de sa sœur Charlotte que l’on retrouve au Musée de Grenoble.

À partir de 1904, elle se consacre à la promotion de l’œuvre de son défunt mari, entre expositions et catalogues. Elle lègue leurs œuvres aux musées français, notamment à celui de Grenoble, créant ainsi un héritage artistique unique pour une femme ne s’étant jamais contenté d’être la « femme de ».

Musée de Grenoble
Ouvert tous les jours de 10h à 18h30, sauf le mardi
5 Place Lavalette, 38000 Grenoble – 04.76.63.44.44.
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Une série proposée en collaboration avec le Musée de Grenoble
Une jeune femme de talent
L’amour de la peinture
La postérité de l’art