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Rien ne s’oppose à la nuit, coup de cœur littéraire post image

La couverture de ce livre avait plusieurs fois attiré mon attention lorsque je flânais devant les rayons surbondés des librairies, toujours en quête du roman parfait, de celui qui allait me scotcher au point de ne pouvoir le refermer qu’une fois fini. J’adore cet état d’absorption totale dans lequel me plonge un bon livre. Cet appétit vorace, cette frénésie à tourner chaque page, à saisir le poids de chaque mot, chaque virgule. Peu de livres m’ont donné tant de satisfaction, souvent pas ceux que j’aurais crus.

Même si le titre me paraissait assez prometteur, « Rien ne s’oppose à la nuit », la mention apposée sur le feuillet publicitaire en rose fluo, « Grand prix des lectrices Elle Roman », m’avait systématiquement dissuadée de l’acheter. Une forme de condescendance sans doute, récidive du mépris que mes profs de fac avaient pour ce qu’ils aimaient appeler la paralittérature. Pourtant, je le sais pertinemment, j’aime ce que je comprends, l’immédiateté et une certaine forme de trivialité dans l’écriture, loin des classiques disséqués au microscope ou des intellectuels conceptuels et désespérément hermétiques.

Il fallut qu’une très chère amie me l’offre pour que je daigne enfin m’y pencher. Ce qui a été assez jouissif puisque, déculpabilisée, il fallait que je le lise et que je lui en fasse un retour à notre prochaine rencontre, comme les bonnes manières l’exigent 😉

Le soir même, j’ai fait l’impasse sur ma soirée blogging et j’ai ouvert, non sans une certaine excitation, la première des 437 pages du roman (délaissant les deux ou trois livres en cours, qui prenaient la poussière sur ma table de chevet).

Première partie 

 » Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tachées d’encre, au plis de phalanges. 

Ma mère était morte depuis plusieurs jours. « 

Le récit s’est ainsi déployé, sous mes yeux avides, pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que mes paupières ne se referment, sous le poids du sommeil. Le lendemain matin, avec ma tasse de café fumant, je m’y replongeais. Puis, à contrecœur, vaquais à mes occupations pour tromper le temps et ralentir le moment de la fin. Quelques heures se sont écoulées.

A l’instant, je viens de tourner la dernière page, la gorge nouée, sous l’emprise de l’émotion. Le livre à la main, pas totalement indemne, je ne peux m’empêcher de penser  qu’il a dû falloir une sacrée dose de courage pour écrire ce roman.

Bilan. J’ai ADORE! Comme toutes les lectrices du club de lecture de Elle sans doute ^^ Bien fait pour moi!

En quelques mots, c’est un roman familial où Delphine de Vigan nous raconte, avec beaucoup de tendresse et un style simplement sublime, sa mère. Une mythologie, comme elle aime l’appeler, ou ce décalage permanent, qui se tisse au fil des ans, entre notre perception du réel et le réel lui-même. Les histoires maintes fois racontées, celles jamais évoquées, et le spectre déformant du temps qui passe. Mais aussi, cette étrange dynamique qui se dégage lorsqu’un maillon de la chaîne sort du rang et essaye d’enrayer la machine. Un récit bouleversant qui ne tombe jamais dans la surenchère, élégant et parfaitement écrit.

Dit comme ça, ça vaut ce que ça vaut. Juste un conseil d’amie, lisez-le!

   Palmarès:
   Grand Prix des lectrice de Elle 2012, prix du roman Fnac, prix Renaudot  lycéens et Prix France Télévisions 2011.

LIVRE DISPONIBLE ICI

Article publié le 12 octobre par Noemi
Communicante, bruyante, passionnée et un poil déjantée, je ne peux que te remercier de nous lire et de partager avec nous une vision positive et créative de la vile de Grenoble et de ses talents <3
  • Céline 12 octobre 2012, 13 01 11 101110

    On ne ressort pas indemne de cette lecture. Tu dis merveilleusement bien ce qu’un excellent bouquin peut apporter à son lecteur. Oui, lisez-le!

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    • Noemi 12 octobre 2012, 14 02 10 101010

      Toi aussi tu l’as lu?! Contente que tu sois du même avis 😉

      Reply
  • Zimmermann Elisabeth 12 octobre 2012, 14 02 42 104210

    Ce livre a été mon coup de cœur de l’été !
    J’en profite pour vous remercier pour vos reportages toujours si sympathique – la qualité de vos textes et de vos photos – MeRcI

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    • Noemi 12 octobre 2012, 23 11 19 101910

      Merci à toi de nous suivre ^^

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  • Flo 12 octobre 2012, 14 02 59 105910

    Oui, je vais le lire mais j’attendrai Noël peut-être sera-il sous le sapin!!!
    En tout cas tu donnes envie de découvrir ce petit joyaux.

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    • Noemi 12 octobre 2012, 23 11 17 101710

      Est-ce un message subliminal?

      Reply
  • Constance Pimp 13 octobre 2012, 16 04 01 100110

    Merci pour ce partage !

    J’ai eu l’occasion de lire ce livre il y a quelques mois…. Quelle belle découverte !
    J’avoue également avoir tourné et retourné ce livre dans tous les sens dans la librairie pendant plusieurs semaines sans l’acheter, car je craignais le côté trop « pub » de l’écrivain, et puis on me l’a offert à Noël, alors je l’ai ouvert avec curiosité et là… les pages ont défilés, défilés, défilés… Je l’ai dévoré et me suis retrouvée bien malgré moi, de l’avis des lectrices de Elle !

    Et puis un livre qui reprend des paroles de Bashung, ne peut finalement pas être un mauvais livre… ^_^

    Belle lecture, belle émotion…

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    • Noemi 13 octobre 2012, 16 04 08 100810

      Lol! Alors je ne suis pas la seule à avoir hésité! Merci pour ton commentaire Constance, très sympa de nous avoir laissé ton sentiment sur le livre!

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  • Barbara 18 octobre 2012, 22 10 41 104110

    Superbe article.
    Soit dit en passant, ça tombe bien mes parents viennent à la fin du mois 😉

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