CULTURE

RIEN NE S’OPPOSE A LA NUIT, LE NOUVEAU LIVRE DE DELPHINE DE VIGAN

By 12 octobre 2012 mars 29th, 2018 9 Comments

La couverture de ce livre avait plusieurs fois attiré mon attention lorsque je flânais devant les rayons surbondés des librairies, toujours en quête du roman parfait, de celui qui allait me scotcher au point de ne pouvoir le refermer qu’une fois fini. J’adore cet état d’absorption totale dans lequel me plonge un bon livre. Cet appétit vorace, cette frénésie à tourner chaque page, à saisir le poids de chaque mot, chaque virgule. Peu de livres m’ont donné tant de satisfaction, souvent pas ceux que j’aurais crus.

Même si le titre me paraissait assez prometteur, « Rien ne s’oppose à la nuit », la mention apposée sur le feuillet publicitaire en rose fluo, « Grand prix des lectrices Elle Roman », m’avait systématiquement dissuadée de l’acheter. Une forme de condescendance sans doute, récidive du mépris que mes profs de fac avaient pour ce qu’ils aimaient appeler la paralittérature. Pourtant, je le sais pertinemment, j’aime ce que je comprends, l’immédiateté et une certaine forme de trivialité dans l’écriture, loin des classiques disséqués au microscope ou des intellectuels conceptuels et désespérément hermétiques.

Il fallut qu’une très chère amie me l’offre pour que je daigne enfin m’y pencher. Ce qui a été assez jouissif puisque, déculpabilisée, il fallait que je le lise et que je lui en fasse un retour à notre prochaine rencontre, comme les bonnes manières l’exigent 😉

Le soir même, j’ai fait l’impasse sur ma soirée blogging et j’ai ouvert, non sans une certaine excitation, la première des 437 pages du roman (délaissant les deux ou trois livres en cours, qui prenaient la poussière sur ma table de chevet).

Première partie 

 » Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tachées d’encre, au plis de phalanges. 

Ma mère était morte depuis plusieurs jours. « 

Le récit s’est ainsi déployé, sous mes yeux avides, pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que mes paupières ne se referment, sous le poids du sommeil. Le lendemain matin, avec ma tasse de café fumant, je m’y replongeais. Puis, à contrecœur, vaquais à mes occupations pour tromper le temps et ralentir le moment de la fin. Quelques heures se sont écoulées.

A l’instant, je viens de tourner la dernière page, la gorge nouée, sous l’emprise de l’émotion. Le livre à la main, pas totalement indemne, je ne peux m’empêcher de penser  qu’il a dû falloir une sacrée dose de courage pour écrire ce roman.

Bilan. J’ai ADORE! Comme toutes les lectrices du club de lecture de Elle sans doute ^^ Bien fait pour moi!

En quelques mots, c’est un roman familial où Delphine de Vigan nous raconte, avec beaucoup de tendresse et un style simplement sublime, sa mère. Une mythologie, comme elle aime l’appeler, ou ce décalage permanent, qui se tisse au fil des ans, entre notre perception du réel et le réel lui-même. Les histoires maintes fois racontées, celles jamais évoquées, et le spectre déformant du temps qui passe. Mais aussi, cette étrange dynamique qui se dégage lorsqu’un maillon de la chaîne sort du rang et essaye d’enrayer la machine. Un récit bouleversant qui ne tombe jamais dans la surenchère, élégant et parfaitement écrit.

Dit comme ça, ça vaut ce que ça vaut. Juste un conseil d’amie, lisez-le!

   Palmarès:
   Grand Prix des lectrice de Elle 2012, prix du roman Fnac, prix Renaudot  lycéens et Prix France Télévisions 2011.

LIVRE DISPONIBLE ICI

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Article publié le 12 octobre par Noemi

9 Comments

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